Interview

À quoi servent les cartes mentales ?

Rencontre avec Nathalie Palayret, bibliothérapeute, qui collabore au projet SONDO en concevant les cartes mentales en ouverture des livres FROG.

Carte mentale - Aux champs - à quoi servent-elles ?

En un mot Nathalie, expliquez-nous en quoi consiste votre métier passionnant et peu connu ?

Depuis ma petite enfance, le livre occupe une place essentielle dans ma vie personnelle comme dans mes relations avec les autres. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir en faire profiter des personnes en difficultés ou fragilisées. En rendez-vous individuels ou en ateliers collectifs, je leur permets d’expérimenter tout le bien-être que le texte littéraire peut apporter par sa richesse poétique. En partageant le plaisir de la lecture et de l’écriture, on travaille à restaurer la confiance en soi et l’envie d’entreprendre de nouvelles choses.

 

Vous concevez des cartes mentales pour le projet SONDO pour aider à comprendre les classiques. Concrètement, comment concevez-vous ces cartes ?

Je cherche à faire ressortir l’armature du texte, à repérer les éléments qui permettent de planter le décor et les moments qui font rebondir l’intrigue. Il s’agit d’être précis et concis pour préparer le travail du graphiste.

 

Lors du salon Startup for Kids le 24 mars à Paris, un élève de 5e qui participait  à un atelier de découverte SONDO a commencé par regarder la carte mentale du Grand Michu (la nouvelle d’Emile Zola). Il a réussi à donner les grandes lignes de l’intrigue avant même de commencer sa lecture.

En quoi, selon vous, ces cartes peuvent-elles apporter un vrai soutien aux élèves dyslexiques ou en difficulté avec la lecture ?

Il est souvent difficile d’entrer dans un livre dont les situations, les personnages, le vocabulaire et même les sentiments nous paraissent très éloignés de ce que nous vivons. Cela demande un gros effort et parfois, un petit coup de pouce. La carte mentale est une porte d’entrée possible pour accéder au livre. Plus on multiplie les portes d’entrée, plus on favorise l’accès au texte, plus on a de chances de créer du plaisir dans ce qui est au départ une lecture bien souvent contrainte.

 

Quels conseils donnez-vous aux enfants fâchés avec la lecture ?

En tant que lecteur, je dois faire preuve d’indulgence envers moi-même. Si je ne comprends pas tout, si je décroche par moment, ce n’est pas si grave. Je peux interroger mon professeur ou jeter un coup d’œil à la carte mentale. Ce qui compte surtout, c’est d’être attentif à ce qui peut me relier à ce texte : un mot qui me plait bien, une phrase que je trouve bizarre ou inspirante, un personnage dont j’admire le courage… c’est un début pour tisser un lien intime avec le texte.

 

Avez-vous un livre classique que vous rêveriez de décrire en carte mentale ?

Pourquoi pas une enquête de Sherlock Holmes, choisie parmi les nouvelles ou courts romans de Arthur Conan Doyle ? Le personnage est intrigant et attachant et la mécanique de la résolution de l’énigme est toujours un vrai plaisir !

 

Rencontre avec Nathalie Palayret - cartes mentales

Retrouvez le travail de Nathalie Palayret sur :www.nathalie-palayret.com